Histoire des villages en Ardenne

Les villages ardennais ont une histoire qui remonte bien loin dans le temps. Les premiers habitants ont franchi des forêts profondes pour installer leurs familles sur une terre rude et mystérieuse. Ces forêts ont fortement imprégnées la culture et l’économie de la région, et elles continuent d’attirer ceux qui aspirent à un retour au vert.

L’Ardenne a commencé à être habitée il y a environ 3000 ans. Des hommes et des femmes se sont implantés sur des terres occupées par la forêt, des marais, des tourbières. Les conditions de vie étaient rudes. Des défrichements étaient nécessaires. Il fallait également maitriser l’eau et trouver des matériaux pour fabriquer son logis et s’habiller. On utilisait alors toutes les ressources disponibles : la terre, le bois, la pierre pour les murs et les sols ou encore le chaume, l’écorce, le gazon et les roseaux pour le toit.

Le musée Maison des Mégalithes à Wéris retrace l’histoire des premiers habitants. Les maisons et les matériaux qui étaient utilisés dépendaient de choix culturels et des conditions locales. La conception que ces communautés avaient de l’univers influençait aussi la forme de l’habitat, son implantation, son organisation. Il y avait souvent qu’une seule porte d’entrée et pas de fenêtre. L’intérieur était sombre et enfumé car les premières habitations n’avaient pas de cheminée. Cela conservait la chaleur et éloignait les parasites.

Le paysage se modifiait durablement pour accueillir des villages. Les premières maisons étaient sans doute principalement fabriquées en bois de chêne et de noisetiers. Le bois était assemblé en utilisant de la filasse fabriquée avec des écorces de chênes et de tilleuls, puis recouvert de torchis. Les toitures étaient couvertes de tuiles en bois,  de bottes de genêts, de roseaux ou de pailles. L’extraction d’argile et de pierre est venue plus tard.

Les éléments de l’architecte ancienne sont assez bien identifiables. Les fermes traditionnelles sont fréquemment constituées du logis principal avec la ferme agricole juste à côté. L’habitation est en général orientée vers le sud tandis que l’étable était construite au nord, avec les bêtes pour apporter un peu de chaleur en hiver. On trouve encore souvent une large porte beaucoup plus haute qui permettait de faire entrer le char à foin dans la grange. Les réserves de fourrage étaient placées au-dessus de l’étable.

Les vieilles habitations encore sur pied datent pour la majorité du 18 et 19e siècles. La maison était montée avec des techniques de construction plus simples qu’aujourd’hui. Les chambres étaient petites avec un plafond assez bas. Cela facilitait la construction et permettait de se réchauffer plus vite. Les murs étaient souvent recouvert de chaud pour se protéger contre l’humidité. Le toit était recouvert d’ardoises.

L’amélioration des transports et des voies de communication a permis de développer l’économie à partir du XVIIIe siècle. Le creusement des canaux de navigation, la construction des chaussées et le réseau ferré ont renforcé le dynamisme économique. La révolution industrielle entraîna finalement un important exode rural. L’agriculture s’est développée en parallèle avec l’utilisation des machines et des engrais. Les parcelles se sont agrandies, les champs se sont aplanit, les haies vives ont été supprimées au profit des clôtures.

L’avènement de l’automobile continuait à profondément bouleverser le paysage. Les axes routiers se sont implantés un peu partout. Les petits commerces diminuaient au profit des zones commerciales. La construction des maisons unifamiliales le long des routes d’accès s’est accélérée car certains travailleurs urbains mieux rémunérés cherchent à retrouver un cadre de vie plus vert et plus calme en dehors des villes. Les voies de circulation rapide ont rapproché les villes de la campagne.

Nous observons de nos jours un retour de la forêt sur les grandes zones laissées en friche. La forêt s’agrandit depuis quelques décennies tout en prenant des formes nouvelles. La forêt originelle était essentiellement constituée de grandes hêtraies et de grandes chênaies. On trouvait aussi des aulnes, des charmes, des érables, des bouleaux. Mais beaucoup de ces forêts ancestrales ont été remplacées par des plantations d’épicéas, de pins, de sapins et de mélèzes à croissance plus rapide. Les forêts de feuillus, pourtant plus diversifiées et intéressantes, ont diminué au profit de l’implantation des résineux.