Les méandres de l’ Ourthe

L’Ourthe est une belle rivière qui a gardé un tracé naturel et des berges sauvages. En été on peut s’y baigner et faire de la pêche. La descente de l’Ourthe en kayak est aussi très réputée. Vous longez la rivière de Barvaux à Durbuy. En vélo vous pouvez emprunter le ravel et découvrir cette magnifique région.

La physionomie naturelle de l’Ourthe permet aux Martins pêcheurs de trouver de la nourriture et aux Hirondelles de rivage de faire leurs nids sur les berges. La rivière est aussi habitée par une myriade de poissons. Ils se régalent sans doute des larves d’insectes qui circulent au fond des eaux. L’Ecrevisse à pattes rouges est encore présente à certains endroits. La loutre refait timidement son apparition.

Je pense que le tracé de l’Ourthe doit aussi permettre aux Grues cendrée en migration de retrouver leur chemin. De nombreux limicoles de passage profitent eux aussi des méandres de la rivière. Un peu plus loin on arrive sur un marais à castor avec une hutte, des barrages, des arbres taillés en crayon et des canaux.

L’ Ourthe est une rivière issue de la confluence de l’ Ourthe Orientale et de l’ Ourthe Occidentale. Elles prennent leur source à 50 km d’écart dans la Province de Luxembourg en Ardenne. La confluence se fait au village d’Engreux. L’ Ourthe poursuit ensuite sa route en traversant la Calestienne, la Famenne et le Condroz pour rejoindre la Meuse près de Liège. Certains passages sont encore sauvages, avec des bordures de végétation denses, des sentiers magnifiques pour la balade, des pêcheurs et du poisson. La rivière est de bonne qualité pour la baignade l’été, ou pour un tour en Kayak au départ de Bomal ou de Durbuy.

Autrefois, chaque village disposait de son moulin au bord de la rivière et de ses meuniers. Les moulins sont aujourd’hui tombés en ruine par manque d’entretien ou ils ont été transformés en habitations. On retrouve d’ailleurs des vestiges de ce passé le long de l’Ourthe. Un moulin à eau et une meule à farine sont encore en activité à Hotton au Musée Moulin Faber. Le bâtiment a été construit en 1729 avec des moellons en calcaire. Les deux grandes roues du moulin restituent l’atmosphère d’autrefois. Elles tournent dans la rivière en actionnant les bras qui font avancer la machinerie à l’intérieur du moulin. On entend encore les grincements du bois. La lourde charpente au-dessus est entièrement construite à la main avec des chevilles.

ourthe riviere moulin

L’idée de construire un grand canal reliant la Meuse au Rhin circulait déjà dans l’Antiquité lors de l’occupation romaine. Au XIXe siècle, Guillaume d’Orange voulu fructifier ses avoirs dans les vallées de l’Ourthe et de la Moselle en ordonnant la mise en œuvre du grand canal. Les travaux étaient colossaux. Il s’agissait de créer des écluses et un tunnel navigable sur environ 2000 km. Les travaux commencèrent mais ils furent vite interrompus par la Révolution de 1830. La Belgique redevint souveraine et refusa de financer des travaux qui allaient surtout profiter aux anciens occupants. Le projet tomba à l’abandon.

Lorsque la scission du Luxembourg fut entérinée en 1839, le Luxembourg belge décida de relancer les travaux du canal entre Liège et La Roche-en-Ardenne. Ce projet prévoyait de faciliter la navigation pour développer les activités industrielles. Au lieu des écluses, le projet prévoyait de creuser des tronçons de canal pour raccourcir les trajets lorsque cela était possible. Mais la concurrence du chemin de fer et les incertitudes politiques limitèrent vite la dimension du projet. Certains tronçons furent tout de même utilisés jusqu’en 1949. Aujourd’hui, seuls quelques bateliers empruntent encore le canal pour des cours trajets.